Thursday, August 13, 2015

" مطر حزيران "

اصابت جمعيها سميح الذي لم ينتبه الى ما كان يحدث عند باب الفرن. وهو ربما لم يكن يرغب في معرفة ما يحدث.
كان يتحين اللحظة المناسبة لاخراج الرغيف من بيت النار، ينتظر رائحة الاحتراق في بدايتها ورؤية النقاط السوداء الصغيرة
قال الرجل كلاما عاليا لم تسمعه النساء. انفجار الطلقات الثلاث داخل غرفة صغيرة اصم اذانهن
رد الرجل مسدسه الى زناره وانسحب هو واقاربه. عاد نور النهار يغمر داخل الفرن
سقط جالسا على الكرسي الذي كان يحتفظ به الى جانبه، جلس في عينه عتب بسبط. كان ينظر الى النساء واحد ة واحدة  

مطر حزيران  ص ٢٣٦


Quand j'ai commencé la lecture de ce livre, je me suis vue une petite fille jouant dans mon quartier  "Haret El Issaba" dans les années 80 avec mes amis et mes cousins. 
Nous étions d'une petite famille paisible, vivant en dehors des histoires violentes du village et l'innocence de mon âge chassait la peur ressenti à chaque fois que j'entendais que quelqu'un fut tué, mais  les souvenirs se rassemblaient dans ma tête, éparpillés attendant le moment propice pour refaire surface. Ce moment se présenta à la première page de "matar houzarian".


Jabbour Douaihy ne raconte pas seulement ce qui s'est passé en juin 1957 et l'année d'après, mais il raconte et revit d'une exactitude hallucinante le quartier, ses souvenirs, notre vie, l'enfance de mes parents dans le même quartier de "El Issabi", et notre dialecte local.

Mon père me raconta à propos de " El Hadsseh" : les gens du quartier pendant ce jour et le jour qui suivit pleuraient sans arrêt.
Les mêmes scènes de deuil sortaient du livre et se jouaient à nouveau comme dans un rêve,   comme si  jusqu'à nos jours les lits où on a placé les morts rodent comme des fantômes sur la place de l'église de Notre Dame dans notre quartier...  Les fantômes de notre village. 

Je connais beaucoup de ses personnages et de leurs histoires quotidiennes. tout le monde les connaissent par coeur,  Mais ce que racontait l'auteur dans son livre ne ressemble pas à ce que les autres racontaient mais à ce que j'entendais, mon innocence filtrait la violence et je ne retenais que les faits humoristiques et magiques 

Jabbour Douaihy dans son livre, a su raconter la non-violence d'une histoire violente non racontable avec l'innocence, la désinvolte d'un enfant-adolescent, la passion d'un zgortiote et le talent d'un grand écrivain. Le style litteraire est très beau avec cette note humoristique que j'ai apprecié.

Le mélange humour-violence-deuil du livre est très réussi.

il a une fois dit qu'on le critique d'avoir embelli les "Kabadayet", moi je dis qu'il a su démontrer que ces gens sont aussi des êtres humains.

J'ai mis au début l'histoire de Samih l'une des histoires du livre en premier car il ressemblait beaucoup à mon grand père maternel  lui même boulanger paisible, vivant dans le quartier mais proche de la famille de l'autre quartier. 
Cette histoire m'a fait l'effet d'un coup sur la nuque, elle portait en elle toute la violence que j'ai refusé d'entendre quand j'étais enfant.

C'est l'une des éclairs de violence, insinués malgré l'auteur, malgré le lecteur, malgré tout le monde, où on ne les attends pas, en dehors du livre, en nous



Nous les portons endormis, ils peuvent exploser n'importe où, n'importe quand, tuant des Samih(s)  innocents.

Bahijeh Akoury