Wednesday, August 31, 2016

La chair morte, Dieu

Dante et Virgile en Enfer (1850), William Bouguereau
Avec un   air de béatitude stupéfiante,  ils tournent vers lui des regards hypnotisés illuminés,  les talons mouillent, les mocassins   bandent, un désir malsain circule puissant et incontrôlable. Ils se sentent dans le paradis  leur destin se joue tout entier dans cette minute même
Un Neandertal  en mocassin, chuchote qu’on va parler de la dualité.
Le maître lève les yeux et le silence se fait.
Une matrone en talon croise ses jambons, le regardant avec un regard soi-disant lancinant,  se prépare par  des grimaces de la bouche et de coups des hanches , tous les espèces se taisent, elle se regorge, lève le nez, grince ses dents et crache quelques phrases d'une imbécilité absolue.
Le maitre la regarde, ses yeux frétille de malice , une proie en jambon, crue et abrutie comme il les aime, …
Un mocassin mal ciré aux yeux d’une biche soumise, baisse les yeux avec une grande rancœur dans le cœur ,  son règne de victime se termine ici et à cette heure même, le règne des jambons en talons  commence.
Une matrone aux cheveux courts, sourie niaisement,  elle  sent un embrasement de désir, sa chair brule tout ce qui l’entoure.
Une matrone aux sandales grises retient les yeux baissés , domptée par des longues  heures d’auto discipline, comptant ses chances, aura-t-elle une occasion à l’approcher ?
Un robot en mocassin répète toutes les paroles entendues. Il se construit une connaissance claudicante .
Heureux celui qui obtient un sourire de lui, une jalousie sournoise, enfantine, incestueuse  commence à frétiller dans les cœurs .
Le poison se déverse dans les cœurs et le corps,  la chair refroidit, les visages se crispent et la boucherie commence…
Il contemple la scène  souriant, plein d’orgueil, lui le male impuissant et mort de chair…

Bahijeh Akoury

Tuesday, May 17, 2016

Maquiller la vie, review de "La vie devant soi" de Romain Gary

Par où commencer? 



"Elle n’est pas du tout une Juive ni rien, Monsieur Hamil, elle a seulement mal partout. Et vous êtes tellement vieux vous-même que c ‘est maintenant à Allah de penser à vous et pas vous à Allah…."



Un des romans les plus désarmants que j’ai jamais lu.



Dans ce roman narratif, le petit Momo (Mohammed) raconte son histoire avec  celle qui prenait soin de lui Madame Rosa la juive qui « se défendait dans le temps ».

il y en du tout :

 de la vie des arabes et juives pauvres à Paris, des transsexuels qui sont pourtant plus humain que beaucoup d’entre nous, des femmes qui se « défendaient » pour se défendre de la pauvreté,  un vieux sage



Un enfant où la vie bouillonne comme un volcan, qui sait aimer  de toute son innocence, malgré tout :

« je lui caressais la main pour l’encourager à revenir et jamais je ne l’ai plus aimée parce qu’elle était moche et vielle et bientôt elle n’allait plus être une personne humaine »



Un enfant avec tout le bon sens des enfants

« Il pensait que la religion de Madame Rosa se défendait et la rendait impropre à la guérison. Moi ça m’étonnait beaucoup parce que Madame Rosa était dans un tel état qu’on ne voyait pas du tout où la religion pouvait se mettre »



« Je ne comprends pas pourquoi les gens sont toujours classés par cul et qu’en fait de l’importance .. »



 Un enfant qui sait dédramatiser avec beaucoup d’humour :


« Il y avait aussi de passage Antoine qui était un vrai Français et le seul d’origine et on le regarde tous attentivement pour voir comment c’est fait, mais il n’avait que deux ans, alors on voyait pas grande chose



Enfin un enfant connfroté  à la condition humaine, la maladie et la mort:

«  Je lui tout versé dessus et je lui ai peint le visage avec toutes les couleurs que j’avais pour cacher les lois de la nature mais elle se gâtait terriblement.. »



Ce roman fut écrit 5 ans avant le suicide de l’auteur,  on y voit aisement le conflit  de l'auteur entre la vie  (le petit Momo plein de vie) et la mort (Madame Rosa malade, vielle et mourante)..
Dans Momo je vois Émile Ajar, Shatan Bogat, Fosco Sinibaldi, Romain Gary,  Roman Kacew.

Pourqoui pas aussi moi? Celle qui joue aux limites de la vie et de la mort quelquefois.


La fin du livre montre comment Romain Gary essaie de liquider le conflit, comme l’homme l’a fait depuis la préhistoire : Maquiller les morts.

Maquiller la mort avec la religion, la philosophie, la science, l’amour, les arts etc..
Bahijeh Akoury