Tuesday, May 17, 2016

Maquiller la vie, review de "La vie devant soi" de Romain Gary

Par où commencer? 



"Elle n’est pas du tout une Juive ni rien, Monsieur Hamil, elle a seulement mal partout. Et vous êtes tellement vieux vous-même que c ‘est maintenant à Allah de penser à vous et pas vous à Allah…."



Un des romans les plus désarmants que j’ai jamais lu.



Dans ce roman narratif, le petit Momo (Mohammed) raconte son histoire avec  celle qui prenait soin de lui Madame Rosa la juive qui « se défendait dans le temps ».

il y en du tout :

 de la vie des arabes et juives pauvres à Paris, des transsexuels qui sont pourtant plus humain que beaucoup d’entre nous, des femmes qui se « défendaient » pour se défendre de la pauvreté,  un vieux sage



Un enfant où la vie bouillonne comme un volcan, qui sait aimer  de toute son innocence, malgré tout :

« je lui caressais la main pour l’encourager à revenir et jamais je ne l’ai plus aimée parce qu’elle était moche et vielle et bientôt elle n’allait plus être une personne humaine »



Un enfant avec tout le bon sens des enfants

« Il pensait que la religion de Madame Rosa se défendait et la rendait impropre à la guérison. Moi ça m’étonnait beaucoup parce que Madame Rosa était dans un tel état qu’on ne voyait pas du tout où la religion pouvait se mettre »



« Je ne comprends pas pourquoi les gens sont toujours classés par cul et qu’en fait de l’importance .. »



 Un enfant qui sait dédramatiser avec beaucoup d’humour :


« Il y avait aussi de passage Antoine qui était un vrai Français et le seul d’origine et on le regarde tous attentivement pour voir comment c’est fait, mais il n’avait que deux ans, alors on voyait pas grande chose



Enfin un enfant connfroté  à la condition humaine, la maladie et la mort:

«  Je lui tout versé dessus et je lui ai peint le visage avec toutes les couleurs que j’avais pour cacher les lois de la nature mais elle se gâtait terriblement.. »



Ce roman fut écrit 5 ans avant le suicide de l’auteur,  on y voit aisement le conflit  de l'auteur entre la vie  (le petit Momo plein de vie) et la mort (Madame Rosa malade, vielle et mourante)..
Dans Momo je vois Émile Ajar, Shatan Bogat, Fosco Sinibaldi, Romain Gary,  Roman Kacew.

Pourqoui pas aussi moi? Celle qui joue aux limites de la vie et de la mort quelquefois.


La fin du livre montre comment Romain Gary essaie de liquider le conflit, comme l’homme l’a fait depuis la préhistoire : Maquiller les morts.

Maquiller la mort avec la religion, la philosophie, la science, l’amour, les arts etc..
Bahijeh Akoury

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