Wednesday, August 31, 2016

La chair morte, Dieu

Dante et Virgile en Enfer (1850), William Bouguereau
Avec un   air de béatitude stupéfiante,  ils tournent vers lui des regards hypnotisés illuminés,  les talons mouillent, les mocassins   bandent, un désir malsain circule puissant et incontrôlable. Ils se sentent dans le paradis  leur destin se joue tout entier dans cette minute même
Un Neandertal  en mocassin, chuchote qu’on va parler de la dualité.
Le maître lève les yeux et le silence se fait.
Une matrone en talon croise ses jambons, le regardant avec un regard soi-disant lancinant,  se prépare par  des grimaces de la bouche et de coups des hanches , tous les espèces se taisent, elle se regorge, lève le nez, grince ses dents et crache quelques phrases d'une imbécilité absolue.
Le maitre la regarde, ses yeux frétille de malice , une proie en jambon, crue et abrutie comme il les aime, …
Un mocassin mal ciré aux yeux d’une biche soumise, baisse les yeux avec une grande rancœur dans le cœur ,  son règne de victime se termine ici et à cette heure même, le règne des jambons en talons  commence.
Une matrone aux cheveux courts, sourie niaisement,  elle  sent un embrasement de désir, sa chair brule tout ce qui l’entoure.
Une matrone aux sandales grises retient les yeux baissés , domptée par des longues  heures d’auto discipline, comptant ses chances, aura-t-elle une occasion à l’approcher ?
Un robot en mocassin répète toutes les paroles entendues. Il se construit une connaissance claudicante .
Heureux celui qui obtient un sourire de lui, une jalousie sournoise, enfantine, incestueuse  commence à frétiller dans les cœurs .
Le poison se déverse dans les cœurs et le corps,  la chair refroidit, les visages se crispent et la boucherie commence…
Il contemple la scène  souriant, plein d’orgueil, lui le male impuissant et mort de chair…

Bahijeh Akoury